Les 4 différences entre l’introversion et l’anxiété sociale

Les 4 différences entre l’introversion et l’anxiété sociale

Un article initialement publié sur QuietRev.com et traduit de l’anglais par Happily

Deux introvertis entrent dans un bar (vraiment) :

Liam et Alex sont au pub du coin entrain de déjeuner – des burgers vegan et… du bacon. Ces deux jeunes garçons charmants recevront leur diplôme universitaire dans quelques semaines. Ils sont colocataires, et clament avoir un caractère proche : ce sont des introvertis auto-proclamés.

Demandez à Liam ce qu’il fait samedi soir, et il vous répondra :

Je vais sûrement faire un truc détente avec mes colocs. On improvisera. On essaie souvent de cuisiner mais là on va sûrement dîner ensemble au resto. Je ne suis pas encore un bon cuistot, même si mon pad thai n’est pas mauvais. Je n’ai jamais été un gros fêtard, ce n’est pas mon truc.»

Demandez la même chose à Alex, et vous aurez à peu près la même réponse. Il ajoute :

Moi non plus je n’ai jamais été un grand fêtard — j’ai toujours peur d’avoir un comportement stupide en soirée »

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour lui ça veut dire beaucoup : on devine ici de l’anxiété sociale, la peur d’être jugé. C’est la conscience de soi dopée aux stéroïdes.

Alors, peut-être que vous êtes juste un introverti, comme Liam. Peut-être que vous êtes solitaire, que vous aimez l’intimité, mais que vous êtes à l’aise face aux autres. Ne pas aimer les grosses soirées ou le travail de groupe n’est pas un problème en soit.

Ou alors, peut-être que vous êtes un introverti avec de l’anxiété sociale, comme Alex. L’introversion est plutôt bien acceptée, et on entend souvent des personnes qui ressentent de l’anxiété sociale comme Alex s’auto-proclamer « introverties ». C’est agréable de se donner une étiquette acceptée par la société. Mais derrière ces paroles, on sent bien que quelque chose ne tourne pas rond.

Bien sûr, l’anxiété sociale d’Alex va de pair avec de grandes qualités. La part « socialement anxieuse » enfui en nous est synonyme d’une grande empathie. Nous ressentons en profondeur les sentiments des autres. Nous sommes les diplomates, les ambassadeurs. Nous naviguons dans un monde multiculturel avec sensibilité et tolérance.

Mais parfois, notre antenne sociale est trop sensible — comme l’alarme anti-fumée qui se déclenche trop facilement, nous nous sentons tout à coup submergé. L’anxiété sociale est le troisième trouble psychologique le plus répandu, juste derrière la dépression et l’alcoolisme. Plus de 10% de la population française en souffre. Bien sûr, nous avons tous des interactions sociales où nous sommes mal à l’aise, mais pour certains d’entre-nous, ces interactions viennent sérieusement perturber le quotidien.

Si l’introversion et l’anxiété sociale paraissent être des notions très proches, elles ont de vraies différences. Alors justement, quelles sont ces différences ? À partir de quand franchit-on la ligne entre introversion et anxiété sociale ? Nous avons identifier 4 différences principales entre introversion et anxiété sociale.

1) L’introversion est innée. L’anxiété sociale est fabriquée.

L’introversion fait partie de votre personnalité de base — c’est ancré en vous. Et alors que ceux qui ressentent de l’anxiété sociale y sont génétiquement prédisposés, il faut plus que de simple gênes pour la déclencher. La génétique charge le pistolet, l’expérience appuie sur la gâchette.

Deux choses nous rendent socialement anxieux. Il y a tout d’abord l’apprentissage. D’une manière ou d’une autre, nous apprenons – à tort ! – que nous ne sommes pas assez bien, pas assez bon. On peut répliquer les inquiétudes d’un parent au tempérament anxieux, intérioriser la pression sociale qui pousse à être extraverti, ou vivre un traumatisme comme les intimidations et les moqueries à l’école.

L’anxiété sociale finit alors par remonter doucement mais sûrement à la surface, et nous grandissons avec la sensation consciente ou inconsciente que les autres nous jugent et ne nous trouvent pas à la hauteur.

L’anxiété sociale entraine l’évitement. Nous nous échappons discrètement à la fin d’une réunion pour ne pas faire face au Small Talk, nous faisons semblant d’avoir déjà quelque chose de prévu pour ne pas aller à une soirée, nous regardons notre téléphone dès que nous nous sentons nerveux. Je parie même que tous ceux qui ressentent de l’anxiété sociale et qui lisent ce lignes ont déjà pris une « pause » dans la salle de bain pendant une soirée. Ces comportements nous font culpabiliser.

Nous n’arrivons pas à réaliser que nous ne sommes pas « mauvais » socialement, que notre peur déforme la réalité.

2) Avec l’anxiété sociale vient la peur d’être démasqué.

Nous pensons que quelque chose ne tourne pas rond chez nous. Et même si nous ne voulons pas y croire, la plupart du temps notre soit-disant « inaptitude sociale » est inexistante, ou existe dans des proportions si faibles que personne n’y accorde de l’importance.

On pense rougir trop vite, avoir l’air tendu, avoir les mains qui tremblent. Vous avez peur d’avoir l’air bête ou mal à l’aise lorsque vous prenez la parole. Vous vous imaginez entrain de bégayer, de perdre vos mots, d’être jugé par les autres. En fait, au final, vous avez peur que l’on remarque votre anxiété d’une manière ou d’une autre.

Par opposition, l’introverti sans anxiété sociale ne se soucie pas de ses possibles « défaults » – il assume parfaitement son caractère et est convaincu que les autres l’acceptent tel qu’il est.

3) Le perfectionnisme va de pair avec l’anxiété sociale.

Quand on a de l’anxiété sociale, il existe une erreur de pensée très fréquente. Il s’agit du « tout-ou-rien » : Interpréter la vie en mode binaire. Croire que tout est noir ou que tout est blanc.
Vous êtes bon ou mauvais, intéressant ou ennuyeux, calme ou stressé… Vous pensez que vous devez toujours être parfait, souriant, drôle, et que si vous laissez apparaitre ne serait-ce qu’une once d’anxiété une catastrophe va arriver.

Mais plus on se force à être parfait, moins on l’est. C’est comme lorsqu’on veut absolument avoir l’air naturel : comme l’a dit François de La Rochefoucauld, « Rien n’empêche tant d’être naturel que l’envie de le paraître ».

Pour les introvertis non anxieux, en revanche, être observé par les autres n’est pas perçu comme un danger potentiel. Il n’y a pas de jugement anticipé. Ils partent du principe que tout le monde peut avoir un trou à l’oral, ou un blanc un peu gênant dans une conversation, sans pour autant que ce soit quelque chose de grave. Ils oublient cet « incident » la seconde d’après, alors qu’un anxieux social peut ruminer pendant des heures voir des jours. Il faut simplement intégrer et accepter le fait qu’il est normal que certaines conversations soient plus fluides et enthousiastes que d’autres, que selon l’humeur et / ou l’interlocuteur un blanc puisse arriver.

Vous voyez donc que nous vivons tous ces moments un peu gênants, mais que certains les analysent et les voient comme « graves » alors que d’autres passent au-dessus en un instant.

4) L’introversion est un trait de personnalité assumé, l’anxiété sociale est une souffrance que l’on dissimule

L’anxiété sociale est provoquée par la peur. Elle vous pousse à quitter une soirée plus tôt parce que vous avez l’impression d’être ennuyeux, hors-sujet. Vous avez peur qu’on le remarque. Et pourtant, quand vous partez, souvent les autres vous disent « Tu pars déjà ? Allez reste encore un peu ! ». L’anxiété sociale vient vraiment perturber votre quotidien. Vous aimeriez partager plus de choses avec les autres, les voir plus souvent, mais parfois votre esprit et votre corps vous demandent juste l’inverse. La peur prend le dessus et vous refusez une invitation à sortir pour laquelle vous aviez justement envie de participer.

Un introverti peut partir tôt d’une soirée, sans que son esprit parte en mode « auto-critique », voir «auto-flagellation». Il assume le fait qu’il ait envie de rentrer, de regarder une série sur Netflix. Et il le fait en se moquant du jugement des autres. Il a appris à aimer son introversion et connaît ses qualités. Il n’est pas dirigé par sa peur mais par ses envies.

Il est vrai qu’au premier coup d’oeil, l’anxiété sociale semble être une version intensifiée de l’introversion. Mais ce sont des notions qui, si on entre dans les détails, sont tellement différentes. Si il est difficile de parler de cette souffrance, rassurez-vous, il y a une bonne nouvelle : l’anxiété sociale se soigne, et elle se soigne plutôt bien !

Il existe des méthodes efficaces pour affronter et surmonter ses peurs, et apprendre à développer une nouvelle relation avec l’anxiété. Pour tous ceux qui ont décidé de changer et de prendre les choses en main, nous avons créé Happily, une thérapie en ligne pour surmonter l’anxiété sociale. En quelques semaines, vous pourriez devenir vous-même : happily.care