Je suis hypersensible, et j’ai appris à m’aimer en tant que telle

Je suis hypersensible, et j’ai appris à m’aimer en tant que telle

En tant qu’hypersensible, rien que le fait d’être bloquée dans les embouteillages avec mon mari peut vite devenir détestable. Tout à coup la radio parait un peu trop forte, et la climatisation un peu trop puissante. Et ça y est, maintenant c’est le contraire, il fait trop chaud. J’ai trop chaud, il faut que je sorte de là, rapidement. Je suis énervée, j’ai envie de crier — je sors la tête par la fenêtre, en essayant de rester calme.

Et pendant que je prends de l’air à la fenêtre, je me rappelle de la dispute à laquelle j’ai assisté dans la matinée et je me sens triste. Je m’isole dans mes pensées, je ne parle plus à mon mari. Je pense encore et encore à la tristesse de ce couple qui se disputait — je n’aurais pas aimé être à leur place. Tout à coup mon mari me dit quelque chose et je lui réponds sèchement.

Et c’est là que je réalise : j’ai les nerfs à vif. Je respire. Parfois je m’enlace dans mes propres bras, comme si je me faisais un câlin : ma thérapeute m’a dit que ça m’aiderait à me calmer. Petit à petit, je finis par retrouver la sérénité.

Je pensais avoir un problème de stress

Jusqu’à mes 27 ans, je pensais avoir un problème de stress. J’étais plus souvent stressée que les autres, j’étais déprimée :

Si seulement je pouvais apprendre à ne pas autant stresser, je me sentirais mieux. Je profiterai plus de mon mariage. Je serais plus tendre avec moi-même. Peut-être même que les autres m’aimeraient vraiment. »

En fait, j’ai passé la majorité de ma vie à me sentir différente des autres. J’ai toujours été un peu à part, pas vraiment comme mes collègues, mes amis ou ma famille. Dans les bons moments, je me dis que j’arrive à ressentir des choses dont les autres ne sont pas conscient. Dans les mauvais moments, je me sens isolée, trop bizarre pour être acceptée par la plupart des gens. Au fil des années, j’ai fini par m’apprécier — les bizarreries, l’intuition, et l’ensemble des émotions intenses qui font qui je suis. Mais ce sentiment de solitude restait ancré en moi, je ne connaissais personne qui me ressemblait.

Dans son livre « Plan B : Réflexion approfondie sur la foi » , Anne Lamott a écrit « Je souffre de ce qu’un psychiatre a appelé la « sensibilité clinique ». Mais je n’aime pas le terme « clinique » car je crois fermement — comme l’ont souligné les chercheurs spécialisés sur la sensibilité — qu’une sensibilité comme la mienne n’a pas à être diagnostiquée comme une maladie. C’est plus un trait de personnalité, un caractère héréditaire, pas forcément mauvais, et qui peut être valorisé dans ce monde qui vit à 200 à l’heure. »

J’ai passé ma vie à me répéter intérieurement que j’étais trop sensible.

Maintenant, j’essaie tous les jours de transmettre un nouveau message à mon enfant intérieur : Ma sensibilité est belle. Elle n’est pas «too much». Ma sensibilité est un cadeau. J’en deviens facilement nerveuse, et alors ? Je ne suis pas la seule à être hypersensible. Je suis bien telle que je suis. Je suis aimée et appréciée pour ce que je suis — par Dieu, par moi-même et par mon mari.

Ma révolution sensible : être hypersensible est un don

Plus qu’un déclic, j’ai vécue une véritable révolution interne. Adopter ma sensibilité a transformé chaque moment de stress en opportunité, pour m’accepter et me sentir unique.

C’est ma thérapeute, Lauren Currans, qui m’a expliquée que j’étais hypersensible. Quand je suis allée la voir, j’étais très inquiète. Je sortais d’une embolie pulmonaire, après avoir passé un mois et demi à l’hôpital avec ma petite soeur qui avait fait une crise cardiaque à cause de sa maladie auto-immune — elle s’en est sortie de justesse. Voilà. Ma soeur qui avait alors 20 ans a failli mourir d’une crise cardiaque. Oui, une embolie pulmonaire n’était pas grand chose en comparaison.

Je suis persuadée que toute ma famille est marquée par les moments difficiles que nous avons vécu à l’hôpital. Ma soeur était très mal en point. Quand elle m’a demandé si elle était en train de mourrir, je lui ai menti pour qu’elle continue à croire qu’elle pouvait s’en sortir. Je ne regrette pas d’avoir menti. On avait toutes les deux besoin de croire.

Heureusement, j’avais commencé à voir une thérapeute car c’était un pré-requis de mon Master en Psychologie. J’avais vraiment, vraiment besoin de voir une thérapeute — donc cette obligation est tombée à point nommé.

Après avoir dit à Lauren que j’avais un problème de stress, et que je devais apprendre à mieux vivre avec, elle m’a gentiment demandé :

Avez-vous déjà entendu le terme personnalité hypersensible ? »

Intérieurement, ça a déclenché en moi cette réaction : « Mince, elle aussi pense que je suis trop sensible ». Mais son ton bienveillant m’a rassuré, et heureusement, je ne me suis pas fermée à son discours.

« Les personnes hypersensibles vivent tout plus intensément que les autres» m’a-t-elle dit. « Que ce soit pour les bruits, la température, les émotions positives ou négatives. Les personnes hypersensibles sont tout le temps stimulées par l’environnement extérieur. C’est pour ça que nous avons souvent les nerfs à vif, que nous nous sentons parfois submergées ».

« Nous ». Elle a dit « nous ». Elle m’inspirait confiance, elle semblait me vouloir du bien, et je commençais à comprendre pourquoi. J’ai arrêté de me méfier de son discours sur les « hypersensibles » car je me sentais en sécurité.

Lauren m’a parlé des recherches du Docteur Aron sur la sensibilité. J’ai appris que 15 à 20% de la population est née avec un système nerveux génétiquement destiné à être plus sensible aux stimulis extérieurs. Les personnes hypersensibles ressentent des émotions plus fortes que la normal, et sont par conséquent plus facilement submergées par les évènements extérieurs. La chercheuse qui sommeille en moi s’est penchée sur les recherches du Docteur Aron : elles étaient très poussées, remplies de données qualitatives. Mais je n’avais même pas besoin des données scientifiques pour le croire : mon intuition me disait que l’hypersensibilité correspondait exactement à ce que je vivais. Ma thérapeute m’avait parfaitement cernée, elle avait vu en moi ce que je croyais devoir cacher aux autres.

C’est alors que ma révolution a commencé : la révolution hypersensible. Les mois qui suivirent, j’ai continué la thérapie avec Lauren, et j’ai lu tout ce que je trouvais sur la sensibilité. J’ai énormément discuté de ce sujet avec mon mari, mes amis, et même avec Dieu. J’ai apprivoisé ce nouveau terme « hypersensible ». Avec le temps, mon discours interne a changé. J’ai cru de plus en plus fort à ce que le Docteur Aron affirmait :

La sensibilité est un don. Nous sommes plus attentifs à ce qui se passe autour de nous. Nous aimons enquêter, réfléchir, méditer… Nous sommes très intuitifs, ce qui signifie que nous avons tendance à savoir pourquoi telle chose s’est déroulée, à comprendre un évènement, tout en étant incapable de l’expliquer »

J’ai aussi intégré et accepté le fait que je continuerai à parfois me sentir submergée par mon environnement extérieur. C’est n’est pas grave en soi.

Maintenant, je prends beaucoup plus soin de moi. J’ai appris à m’aimer. Mon mariage va mieux. Je ne me sens plus seule comme avant. Et ce n’est que le début de ma « Révolution Sensible ». Chaque jour qui passe, je me sens mieux.

Si vous vous êtes retrouvé dans mon témoignage, peut-être que vous aussi êtes hypersensible. Dans ce cas, je vous encourage à continuer à lire sur le sujet, à parler à vos proches, et surtout à commencer à changer votre discours intérieur. Au lieu de blâmer votre sensibilité, accueillez-la comme un don, qui vous permet de ressentir en profondeur ce que la plupart des gens ne vivent qu’en surface.

Vous pensez être hypersensible ? Il y a de fortes chance qu’Happily vous intéresse. Découvrez en plus ici : http://happily.care

Vous pouvez lire le témoignage original ici