Je pensais ne pas être à la hauteur. Puis j’ai compris.

Je pensais ne pas être à la hauteur. Puis j’ai compris.

Nous avons sélectionné et traduit pour vous un extrait du livre « L’introverti irrésistible : Exploitez la puissance d’une personnalité calme dans un monde qui ne s’arrête pas de parler » de Michaela Chung

(Titre original : The Irresistible Introvert : Harness The Power of Quiet Charisma in a Loud World)

Mon amie me demanda :

Pourquoi est-ce-que tu disparais toujours comme ça ? Je ne savais même pas où tu étais !

À 15 ans, j’aimais déjà passer du temps seule. Je rêvais le jour autant que je rêvais la nuit. Mes amis commençaient à me reprocher ce caractère parfois solitaire. J’étais pourtant loin d’être tout le temps absente, et je ne comprenais pas pourquoi mon besoin de solitude les dérangeait tant.

Enfant, j’avais déjà l’intuition d’être différente, mais ce n’est vraiment qu’à partir du collège que l’on a commencé à me faire des remarques. « Tu es vraiment calme » me disaient-ils. « Qu’est-ce-qui ne va pas ? ». La plupart du temps, j’allais très bien, j’étais simplement perdu dans mes pensées ou en train d’observer quelque chose. Mais au bout d’un moment, j’ai commencé à les croire, à leur donner raison : peut-être avais-je vraiment un problème ? Des années plus tard, j’allais prendre conscience qu’entre un tiers et un demi de la population mondiale se sentait anormale et incomprise, comme moi. Mais nous reviendrons là-dessus plus tard.

Cela étant dit, je dois vous parler d’une autre chose sur mon adolescence. Les premières années – désagréables – de la puberté passées, on a commencé à me faire une remarque encore plus fréquemment que « Tu es calme ». Mais cette fois, il s’agissait d’un compliment. Les gens me disaient que j’étais belle. « Un joli visage, une belle chevelure, de beaux yeux — super ! » D’après les séries à la mode à cette époque (Dawson, la vie à 5, 90210) être belle était l’accomplissement ultime. Cela vous rendait « cool » et attirait les garçons vers vous. Plus important encore, c’était une façade derrière laquelle vous pouviez cacher vos ressentis négatifs. Et comme, malgré ma beauté extérieure, je me sentais toujours à part, différente des autres, j’ai fini par me demander : peut-être qu’à l’intérieur, ma personnalité est laide ?

Notre culture vient renforcer l’idée qu’être introverti est un défaut. L’introverti serait le vilain petit canard. On loue les qualités des extravertis : charisme, sociabilité, confiance en soi. Et dans le même temps, on colle des étiquettes aux introvertis : ils sont en retrait, socialement inadaptés, voir dépressifs. Il y a quelque temps j’ai reçu un mail d’une suissesse répondant au nom de Claude. Je me suis totalement retrouvée dans ce qu’elle m’a écrit :

Hier, j’ai démarré un cours d’anglais. La première leçon avait pour intitulé « Trouver qui vous êtes vraiment ». Nous devions relier 10 traits de personnalités à 10 adjectifs. J’avais relié « Introversion » à « Autonome », lui donnant donc un aspect positif.

Le professeur m’a interrompu d’un « Non » sec. Puis il a dit « L’introversion doit être reliée à « repli sur soi », c’est un trait de personnalité négatif ». Ça m’a rendu furieuse. Une fois de plus, ça m’a déclenché ce sentiment de « Il y a quelque chose qui cloche chez toi »

Des histoires comme celles de Claude, il y en a tous les jours. Avec tous les préjugés sur les introvertis, on pourrait finir par penser que nous sommes une petite communauté de marginaux. Mais comme je l’ai écrit plus haut, les introvertis représentent au moins 1/3 de la population. Ce qui est dingue, c’est que les qualités inhérentes chez nous – l’écoute, l’esprit d’analyse, l’empathie, la capacité d’observation et bien d’autres — sont souvent tournées en négatif. Parce qu’on nous juge parfois « trop calmes ». Comme moi, beaucoup d’introvertis finissent par croire qu’ils ont un vrai problème. J’ai reçu beaucoup de messages d’introvertis m’expliquant qu’ils ont comme un esprit de revanche après avoir découvert et accepté leur introversion. Car ils réalisent qu’ils sont loin d’être les seuls à être en apparence calme, assez solitaire. Ils réalisent aussi que c’est leur droit le plus fondamental. Et qu’un extraverti ne vaut pas mieux qu’un introverti, et inversement. Donc non, ils ne sont ni marginaux ni anormaux. Je le répète, ils sont tout simplement introvertis.

Malheureusement, il arrive que l’introversion soit tellement mal vécue par certains d’entre-nous, qu’elle peut finir par entraver nos échanges quotidiens avec les autres.

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