Je ne te déteste pas, j’ai de l’anxiété sociale

Je ne te déteste pas, j’ai de l’anxiété sociale

Un témoignage d’Alana Saltz, traduit de l’anglais par Happily

Mon anxiété sociale a plusieurs inconvénients :

  • 1) Je m’inquiète constamment de ce que les autres vont penser de moi.
  • 2) Souvent, je réfléchis un peu trop avant de parler, je cherche mes mots, ce qui crée de longues pauses dans les conversations. Je suis en général calme et timide.
  • 3) Avant un évènement social, j’ai un pic d’anxiété, parfois jusqu’à la nausée et la migraine. Il m’arrive de devoir me battre avec moi-même simplement pour sortir de chez moi, car mon esprit imagine plein de scénarios-catastrophe sur ce qui pourrait se passer, qui je pourrais rencontrer, ce que je pourrais dire ou faire de travers.

1-ux7oKXMaoux4N-0GEPYkJw

Mais une des pires choses avec l’anxiété sociale, c’est l’image de moi qu’elle donne aux autres. La communication — verbale ou non-verbale — est essentiel pour nouer une amitié, et mon anxiété me fait souvent apparaître comme une personne froide, blasée, voir agressive.

Malheureusement, plus je veux connaître quelqu’un, plus je me bloque. Si j’ai vraiment envie que quelqu’un m’apprécie, je fais attention à tout ce que je dis, ce qui finalement me pousse à ne quasiment rien dire. Je regarde ailleurs, je montre des signes d’impatience, et cela donne l’impression que je m’ennuie ou que je suis agacée. Et maintenant que j’arrive mieux à cacher ma nervosité, je parais encore plus distante, et personne ne s’aperçoit que c’est causé par mon anxiété.

Je vis rarement le moment présent en présence des autres, parce que dans ma tête, je suis en train de (trop) penser, de m’inquiéter, d’analyser. Ce sont ces pensées qui m’empêchent de proposer des sorties, de prendre des initiatives. Je crois toujours que si quelqu’un ne me contacte pas, ou annule une sortie, c’est qu’il ne m’aime pas. Le moindre signe de rejet, réel ou perçu, me touche profondément. Je m’obsède sur ce que les gens disent et font, j’analyse inconsciemment leurs paroles et leurs actions, pour essayer de deviner ce qu’ils pensent de moi.

1-Zo8oWC-X83jDI2oZTe_hgg

En fait, je leur fais exactement ce que je n’aimerais pas qu’ils me fassent : je suis discrète, je ne propose pas de sorties. Donc évidemment, j’ai l’air distante. Dommage que l’anxiété ne prenne pas en compte cette logique de base !

Au fil des années, beaucoup de personnes que, a première fois que je les ai rencontré, elles pensaient que je les détestais. On m’a dit que j’avais l’air froide, blasée. Certains sont même allés jusqu’à dire que j’étais égocentrique et méchante. Pour me décrire, on utilise souvent les termes « calme », « timide » et « réservée ».

Et pourtant, la plupart des conversations m’intéressent, et il est rare que je n’apprécie pas quelqu’un. Une fois que je connais mieux la personne, je m’ouvre beaucoup plu. Je ne suis pas vraiment réservée avec ceux en qui j’ai confiance — en tout cas je m’ouvre un minimum. Quand je suis à l’aise, je partage parfois même trop. Mais, j’arrive rarement à ce niveau d’intimité. Beaucoup de malentendus et d’incompréhensions peuvent se produire entre-temps — mettant fin à une amitié naissante, avant même qu’elle n’ait commencée.

1-mnv8dSV8QwqD7HvKJCyUyg

Malgré tout, au fur et à mesure, j’ai appris à mieux gérer mon anxiété. Voici les leçons que j’ai tiré :

  • 1) La plupart des gens s’inquiètent de ce que les autres pensent d’eux. C’est un phénomène normal.
  • 2) Moins je place d’attente sur l’interaction et l’amitié potentiel, plus je suis relaxée et ouverte.
  • 3) Je suis de plus en plus souvent directe et honnête à propos de mon anxiété, cela aide mes amis à me comprendre un peu mieux. Je leur dis qu’au début je suis réservée, et que cela va s’améliorer avec le temps, au fur et à mesure que je découvre la personne.

Sûrement à cause de mon anxiété sociale, je n’ai que quelques amis très proches. Ce n’est pas évident pour moi d’animer une conversation dans un groupe d’amis, ou d’être visible à une soirée. Mes amis sont en fait ceux qui se sont intéressés à moi, qui m’ont « obligé » à communiquer avec eux pour vraiment mieux me connaître.

1-xyi2xTPApuZNLi_41qbwdQ

Parfois, je me dis que vraiment, j’aimerais avoir plus d’amis, j’aimerais vivre plus sereinement les situations sociales. J’aimerais tellement pouvoir surmonter cette anxiété, arrêter d’être paralysée par la peur. J’ai accepté le fait qu’une partie de moi sera toujours « la fille réservée ». Mais j’espère continuer à devenir de plus en plus à l’aise avec les autres, et moins me préoccuper de ce qu’ils vont penser.

Alors, je tiens à vous le dire : si jamais vous remarquez quelqu’un de discret, de timide, de bizarre ou de réservé, ne lui collez pas automatiquement l’étiquette « égocentrique », « hautain » ou « blasé ». C’est probable qu’il soit simplement nerveux, qu’il ressente de l’anxiété sociale. Lorsque je suis mal à l’aise face à quelqu’un et que je dois lui parler, c’est vraiment difficile pour moi de baisser la garde et de calmer la peur.

À tous ceux pour qui l’anxiété perturbe le quotidien : continuez à y croire, à force de faire des efforts pour communiquer avec les autres, vous allez apprivoiser la peur, et enfin devenir vous-même. Paradoxalement, c’est lorsque vous vous acceptez tel que vous êtes que vous pouvez changer.

1-Cx0LfbRU2MfVe1OPRpJ1Zg

Take Care ❤,
Alana