Dans la tête d’une personne qui ressent de l’anxiété sociale

Dans la tête d’une personne qui ressent de l’anxiété sociale

Un témoignage de Sammy Nickalls, traduit de l’anglais par Happily

J’ai toujours admiré les gens capables de rire d’eux-même. Ceux qui font une gaffe, disent quelque chose de gênant, réagissent bizarrement à un évènement — puis se mettent à en rire, transforment la situation en anecdote marrante et passent à autre chose. Peut-être qu’ils ont accidentellement offensé quelqu’un, ou qu’ils se sont trompé de nom en s’adressant à leur patron. Peut-être même qu’ils se sont retrouvés sans voix au moment de prendre la parole en public.

Sur le moment, c’est désagréable, mais pour eux, c’est juste un moment de plus dans leur vie. Ils sont un peu gênés, bien sûr — ils peuvent rougir, se sentir bête — mais quelques secondes plus tard, ils se remettent à sourire, et l’air de rien, la situation s’est évaporée. Comme une goutte d’eau qui glisse sur la peau — un évènement insignifiant, un grain de sable dans le désert.

J’avoue, peut-être que je ne fais pas qu’admirer ces gens. En fait je les envie tellement que j’en ai mal au coeur. Parce que lorsque je me retrouve dans une situation gênante, je n’en sors absolument pas aussi facilement.

En vérité, je me noie dans un verre d’eau.

Mon Dieu, pourquoi est-ce-que j’ai dit ça ? »

La petite goutte d’eau qui leur glisse sur la peau se transforme pour moi en un océan.

Je ne peux pas croire que j’ai dit ça. Mais pourquoi est-ce-que j’ai dit ça ? Je me suis excusée, mais elle me prend probablement pour une idiote. Peut-être qu’il faut encore que je m’excuse. »

Et les ruminations internes continuent

Elle pense que je suis une incapable, une idiote. Elle va sûrement en parler aux autres. »

J’essaie à tout prix d’échapper à cet océan d’anxiété, de plus en plus noir et agité. Mais je ne sais plus quoi faire, et je me retrouve totalement submergée par la situation.

De toute façon, je râte toujours. Personne ne m’aime. Je ne suis pas à la hauteur ! »

Je pagaie frénétiquement, essayant de garder la tête hors l’eau sombre. Mais les vagues ne cessent de grandir, et je me retrouve toujours en perdition.

Personne ne m’a jamais aimé, ils ne font pas attention à moi. Ils font semblant, ils passent du temps avec moi juste parce que ce sont des gens sympas. Mais dans le fond, ils ne m’apprécient pas. »

Et plus j’essaie de sortir de cet océan, plus les vagues semblent insurmontables. Comme dans les sables mouvants, plus je me débats, et plus je m’enfonce. Je ne me rappelle même plus de la sensation de calme et de sérénité qui me parcourait il y a quelques minutes. Tout ce que j’arrive à faire, c’est de continuer à ramer dans le vide, jusqu’à ce que l’océan décide de se calmer. Et pendant tout ce temps, je suis terrifiée à l’idée que, cette fois, il ne se calme pas. J’ai peur de rester coincé ici, à ramer en vain, à bout de souffle… pour toujours.

Mais il finit par se calmer. Il finit toujours par se calmer. Et lorsque j’arrive à respirer à nouveau, j’essaie de comprendre ce qui s’est passé. J’analyse, je liste, en essayant de comprendre ce qui a déclenché mon anxiété, pour faire en sorte que ces crises n’arrivent plus, pour pouvoir mener une vie normale.

Voilà à quoi ressemble l’anxiété sociale pour moi. Cela revient à mener une vie normale, tout en sachant qu’à n’importe quel moment, en une poignée de secondes, je peux me laisser submerger par un océan de pensées, manquer d’air, et devoir attendre désespérément que l’orage passe.

La peur d’offenser ou d’embarrasser quelqu’un n’est jamais très loin. Elle peut être déclenchée par quelque chose d’important, comme un cocktail-réseautage ou un tête-à-tête avec mon patron. Mais un tweet mal orthographié ou un message auquel je n’obtiens pas de réponse au bout d’une heure peut créer cet état de tension.

Je redoute chaque interaction, car j’ai peur qu’elle déclenche cette panique en moi. J’ai peur de commencer à trembler, à m’excuser pour quelque chose qui n’a probablement même pas gêné la personne. Et les excuses ne font qu’augmenter mon anxiété. Tout à coup, je n’arrive plus à respirer. Je suis submergée, coincée au milieu de cet océan menaçant. Tout ce que je peux faire, c’est attendre.

Parfois, j’ai envie d’éviter la moindre interaction sociale. Certains jours, j’ai juste envie de rester dans mon lit, sans parler à personne. Parce que j’ai simplement besoin de 24 heures où je suis certaines que je ne vais pas faire une crise.

Puis au bout d’un moment, je me souviens que la seule chose qui est pire que l’anxiété est la solitude. Je dois faire face à cette anxiété. Je sais que je dois lui faire face. Même si à chaque fois je sais que je cours le risque d’être submergée par l’anxiété, tant pis. Je préfère cette possibilité à l’isolement total.

Alors je prends mon courage à deux main, en espérant que mon esprit restera calme. J’inspire du courage, et j’expire de la peur. J’ouvre la porte, et j’avance vers les autres.

Et rien que le fait de savoir que je suis assez forte pour faire ça, malgré tout, rend cet océan de peur un peu plus petit, un peu moins menaçant.
Vous pouvez lire le témoignage original ici.

Pour vous aider à surmonter l’anxiété sociale, nous avons créé Happily. Cette thérapie en ligne utilise des méthodes validées par les médecins. Elle est ultra-simple à suivre : une activité de 10 minutes par jour, où vous voulez, quand vous voulez. En 4 mois, vous pourriez devenir vous-même.