7 choses à savoir sur l’anxiété sociale

7 choses à savoir sur l’anxiété sociale

Plus de 10% de la population vit avec l’anxiété sociale dans notre pays et dans le monde. Oui, plus d’une personne sur dix.

Et pourtant, même s’il est si commun de connaître l’anxiété sociale, une grande majorité d’entre nous minimise l’importance de cette situation, en faisant une mauvaise interprétation de leurs symptômes, en attribuant certains d’entre eux à des traits de leur personnalité, voire même en n’identifiant tout simplement pas qu’ils souffrent d’anxiété sociale.

Voici sept faits importants sur l’anxiété sociale.

L’anxiété sociale n’est pas un trait de personnalité.

« Je pense que beaucoup de personnes associent l’anxiété sociale à de la timidité ou à un caractère antisocial, alors qu’en réalité elle est due à une peur du jugement et de la critique lors de situations de sociabilité », Samantha S., 24 ans.

« Les gens avec de l’anxiété sociale sont en général timides comme des enfants, mais toutes les personnes timides ne sont pas atteintes d’anxiété sociale », Sheela R., psychologue.

« Beaucoup d’enfants timides deviennent simplement des adultes calmes », dit-elle. On peut remarquer que les personnes timides mènent une existence sociale tout à fait normale, alors que les personnes souffrant d’anxiété sociale se sentent exclues des situations de sociabilité. La distinction entre timidité et anxiété sociale se fait alors « lorsque des personnes se mettent à éviter des situations de sociabilité au point que cela interfère de façon prononcée dans leur quotidien ».

Il est aussi important de noter qu’être sujet à l’anxiété sociale n’inhibe en rien le désir de sociabiliser. Beaucoup de personnes dans cette situation ne se définissent pas du tout comme quelqu’un de timide et veulent vivre des situations de sociabilité. Mais elles s’en sentent empêchées par leurs pensées anxieuses, leurs sentiments et leurs habitudes lorsqu’elles essaient de les surmonter.

Samantha confie ainsi : « Je ne suis pas quelqu’un de timide, et je ne veux pas éviter les situations de sociabilité. Et pourtant, dans certaines situations, je fais face à une réaction mentale violente, une peur profonde de la critique et du jugement de mes pairs ».

Ce n’est pas une réaction spécifique face à certaines personnes.

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« L’une des idées fausses les plus communes concernant les personnes qui souffrent d’anxiété sociale est qu’elles sont coincées, qu’elles ne veulent pas être amicales ou qu’elles ne sont pas sympathiques (…), alors qu’à l’intérieur ces personnes sont tout à fait comme vous et moi », Sheela R., psychologue.

« La norme sociale et la communication verbale sont si importantes dans la formations de nouvelles amitiés que mon anxiété me donne souvent l’air d’être froide et désintéressée. Au fil des ans, j’ai rencontré énormément de personnes qui m’ont dit qu’ils avaient eu l’impression que je les détestai alors de notre première rencontre. Les gens me rapportent que j’ai l’air froide et de ne pas m’intéresser à eux ». Alana S.

Et pourtant, Alana se dit en général intéressée par les conversations qu’elle entretient avec les gens, et qu’elle a très rarement un sentiment vraiment négatif sur quelqu’un.

Une fois qu’elle est en confiance, elle avoue qu’elle peut même devenir parfois trop bavarde. Mais en arriver à cette situation est bien là tout le problème…

Si vous remarquez un jour quelqu’un de silencieux, timide, ou qui a l’air mal à l’aise, ne pensez pas automatiquement qu’il est autocentré et qu’il ne vous apprécie pas. Il est très probable qu’il soit tout simplement nerveux ou en train de lutter avec ses pensées anxieuses.

Elle n’est pas causée directement par des événements eux-mêmes.

Des situations spécifiques comme une présentation en classe ou un rendez-vous galant ne sont pas nécessairement la cause de l’anxiété sociale. Celle-ci est plutôt le résultat d’une mauvaise interprétation de ces événements.

Cette situation est connue comme le “biais cognitif” (biais de l’interprétation), c’est-à-dire la tendance à faire des interprétations erronées de certaines situations ambiguës, et surtout la tendance à considérer comme véridiques ces fausses interprétations.

Les personnes en situation d’anxiété sociale sont enclines à diagnostiquer négativement des situations sociales ambiguës, à se focaliser sur des pensées et des événements inquiétants ou dévalorisants (biais attentionnels), et à interpréter ceux-ci de façon pessimiste (biais d’interprétation) en s’appuyant sur des souvenirs négatifs (biais de mémoire).

L’anxiété sociale ne se limite pas à un ressenti émotionnel ou psychologique.

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Comme pour toutes les formes d’anxiété, l’anxiété sociale ne se manifeste pas simplement au niveau émotionnel ou psychologique, mais a aussi des manifestations physiques. Les personnes souffrant d’anxiété sociale peuvent avoir l’impression que leur cœur bat à toute vitesse ou que leur poitrine se comprime. L’addition de ces symptômes peut ressembler à une attaque de panique.

Alana connaît bien ces manifestations physiques de l’anxiété sociale, qui viennent s’ajouter à sa profonde peur du jugement et de la critique. Elles se traduisent chez elles par une arythmie et des tremblements.

L’anxiété sociale nous affecte différemment selon le genre.

Dans l’ensemble, les statistiques nous montrent que l’anxiété sociale est un phénomène sur lequel le genre a une incidence non négligeable. Par exemple, aux Etats-Unis 23% des femmes souffrent d’anxiété sociale pour ‘‘seulement’’ 14% des hommes.

Mais cette différence ne se limite pas à la proportion de personnes affectée selon le genre. Une étude de 2012 a montré que les femmes et les hommes ne ressentent pas l’anxiété sociale de la même manière : les femmes sont plus enclines à souffrir de troubles liés à l’internalisation du ressenti, quand les hommes auraient plus de problème pour externaliser.

« Les femmes qui souffrent d’anxiété sociale ont tendance à être plus déprimée, et l’anxiété sociale prend le pas sur leur vie, en particulier dans le domaine des interactions sociales. Pour les hommes, cela semble être plus spécifiquement lié aux rendez-vous galants… et il en résulte souvent une consommation accrue d’alcool ou de drogue », Sheela R., psychologue.

De plus, l’évolution sociétale du rôle des genres peut produire des formes inédites d’anxiété sociale. « Si les hommes étaient habitués à ressentir de l’anxiété sociale en fonction de s’ils étaient perçus comme étant assez fort et ‘‘durs’’, les femmes sont maintenant amenées à ressentir aussi ces peurs si elles sont en compétition pour le statut de ‘‘femme alpha’’. », Chloe C., créatrice du site anxietytools.com.

« De manière similaire, alors que les femmes étaient amenées à ressentir de l’anxiété sociale en se demandant si elles étaient perçues comme étant assez ‘‘amicale’’ et ‘‘gentille’’, les hommes peuvent maintenant se sentir extrêmement concernés par la peur d’avoir ‘‘dit quelque chose de mal’’ ou d’avoir l’air trop sûr de soi, des peurs autrefois qualifiées de plus ‘‘féminines’’. »

Les effets de l’anxiété sociale s’étendent au-delà des situations de sociabilité.

Même si l’impact le plus immédiat et le plus évident de l’anxiété sociale sur le quotidien concerne les situations de sociabilité, la carrière professionnelle peut elle aussi être affectée.

« L’anxiété sociale peut vraiment avoir un impact sur votre vie professionnelle », Sheela R., psychologue. « Indépendamment de si vous avez un travail impliquant des nombreux contacts humains ou non, la plupart d’entre nous ont besoin quotidiennement de prendre la parole devant leurs collègues (au moins un petit groupe). »

« Les personnes souffrant d’anxiété sociale ont tendance à perpétuellement se remettre en question au point qu’ils en arrivent à penser qu’ils ne devraient rien dire, parce cela pourrait ne pas être correct, car leur peur de l’humiliation ou de l’embarras est gigantesque. Ce schéma de pensée les empêche d’exploiter tout leur potentiel. »

De nombreuses personnes se battent activement pour une vie meilleure.

De nombreuses personnes souffrant d’anxiété sociale se battent au quotidien pour surmonter les obstacles que l’anxiété place sur leur route.

Selon la psychologue Sheela R., la solution réside dans le fait de ne pas éviter les situations qui peuvent générer l’anxiété sociale, et d’utiliser des traitements comme la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour prendre le dessus sur cette anxiété.

« L’anxiété suit un cheminement naturel. Le corps s’emballe, mais en même temps il finira par se calmer tout seul de manière naturelle », Sheela R.

C’est pourquoi la thérapie cognitivo-comportementale aide chacun de nous à construire une hiérarchie des situations qu’il voudrait éviter, puis lui transmet des capacités de relaxation afin de l’aider progressivement à faire face à ses angoisses.

Il est néanmoins primordial de se rappeler qu’avoir un certain niveau d’anxiété sociale est tout à fait normal, voire même bénéfique. L’anxiété sociale positive nous aide à capter les sentiments des autres et les dynamiques sociales, et cela est utile à de nombreux égards.

Si vous commencez à renoncer à des activités de sociabilité ou si vous avez l’impression que vous ne pouvez être vous-même avec personne, alors il est temps de chercher de l’aide du côté de la TCC et d’apprendre de nouvelles capacités pour mieux vivre votre vie sociale.

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Article publié à l’origine sur le site Mic, traduit de l’anglais et arrangé par Happily.