Je vais vous dévoiler un secret sur l’anxiété sociale

Je vais vous dévoiler un secret sur l’anxiété sociale

Chez Happily, on adore quand quelqu’un prend l’initiative de témoigner sur les ressentis de l’anxiété sociale. C’est essentiel pour balayer les clichés et montrer à ceux qui ressentent un peu ou beaucoup d’anxiété sociale qu’ils sont loin d’être seuls. Aujourd’hui, on partage donc avec vous le témoignage de Madelyn Heslet, une jeune New-Yorkaise de 24 ans, fan de sport et de hip-hop, mais un peu moins de grosses soirées en festival 😉 :

Je vais vous dévoiler un secret, mon secret.

J’ai besoin d’en parler pour que vous puissiez comprendre ce qu’est réellement l’anxiété sociale. Alors voilà :

J’aime les gens. J’adore les gens !

La plupart du temps, je les trouve géniaux. Intéressants, intrigants et drôles. J’aime les observer discuter, rire ou débattre. Leur langage corporel est si communicatif.

J’aime les gens — voilà mon plus grand secret.

Pourtant, je n’ai pas décidé d’en faire un secret. Ça en est simplement devenu un avec le temps, à cause de mon anxiété sociale. Me montrant timide, parfois renfermée, certaines personnes ont présumé que je ne les aimais pas.

C’est un jugement intuitif, normal. Mais pourtant, il est faux.

Il est faux de dire que je n’aime pas les gens. Ce ne sont pas eux qui me terrorisent. Ce qui m’effraie, ce sont les interactions sociales. Une rencontre inopinée dans une grande surface, au bureau de poste, dans un parc.

Quand je dis que je suis « terrorisée », je parle d’un sentiment qui traverse tout mon corps.

J’ai l’estomac tendu, bloqué. J’ai du mal à bien respirer, mon pouls accélère. Mon dos se raidi, ma mâchoire se tend, le simple fait de parler me demande tout à coup un gros effort. Parfois je me mets même à transpirer abondamment.

C’est presque comme si il y avait un freeze dans mon cerveau.

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J’imagine le pire scénario possible, je pense aux bêtises que je pourrais dire. J’ai peur qu’ils réalisent que je suis tendue. J’ai peur qu’ils me jugent, qu’ils me prennent pour une marginale ou une fille hautaine.

Ces symptômes physiques et émotionnels, qui surgissent en quelques secondes, me poussent à éviter les situations sociales, car j’ai peur que le masque tombe, que l’anxiété que je ressens soit visible de tous.

Ce n’est pas à cause des gens que je ressens ces symptômes. Je vous aime, simplement, parfois, les interactions sociales me bloquent. Mon corps dit non. C’est un processus que je ne contrôle pas, je me sens submergée par l’anxiété. Il suffit d’une toute petite pensée négative, d’une goutte d’eau qui finit à force par me plonger dans un océan d’anxiété.

À tous mes amis, je veux vous le dire : je ne vous déteste pas, j’ai de l’anxiété sociale.

Je ne suis pas antisociale. Comme vous, je veux me connecter aux autres, tisser des liens. Mais parfois les ressentis émotionnels et physiques sont juste trop puissants et me poussent à fuir. C’est un peu lâche, je le sais. Mais pour l’instant je n’arrive pas à faire mieux. Croyez moi, j’essaie de toutes mes forces.

À plusieurs reprises, des gens ont pensé que je les snobais à une soirée car je ne suis pas venue les saluer tout de suite. Pourtant j’ai envie de venir vous voir, de discuter, de rire avec vous. Mais une partie de moi, indomptable, a décidé du contraire. C’est une peur qui telle un microscope grossit le danger. La crainte d’être jugée, ridiculisée. Et je suis toujours en train de me battre contre cette petite voix intérieure qui me dit « Tu es anxieuse ».

Voilà, maintenant vous connaissez mon secret: j’ai de l’anxiété sociale ET j’adore les gens.

Si vous reconnaissez un ami dans cette situation, faites preuve de sagesse : ne présumez pas directement qu’il est « marginal » ou « solitaire », montrez lui simplement de l’affection, de la patience. Bien souvent, c’est tout ce dont il a besoin pour s’ouvrir un peu plus.

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